MALI : 54 734 emplois créés à la date du 30 septembre 2025
L’Observatoire national de l’Emploi et de la Formation (ONEF) a animé sa traditionnelle conférence de presse le jeudi 18 décembre 2025 à son siège à Baco Djicoroni pour présenter à la presse les résultats de ses différentes études sur l’emploi et la formation. L’ONEF note la création de 54 734 emplois entre le 1er janvier et le 30 septembre 2025.
Créé le 30 décembre 2013 par Ordonnance, l’Observatoire national de l’Emploi et de la Formation (ONEF) a plusieurs missions dont en premier lieu la réalisation de toute recherche ou étude dans le domaine de l’emploi et de la formation. Conformément à cette mission, l’ONEF a réalisé en 2025 13 études sur 16 prévues dans son PTBA, selon le directeur général de lObservatoire Boubacar Diallo qui a précisé que 8 ont été entièrement financées par l’ONEF, 3 financées par les coopérations luxembourgeoise et suisse et 2 financées par le budget national. Parmi ces études réalisées figures le rapport national sur l’emploi de 2024, des bulletins trimestriels d’information sur le marché du travail.
Après la présentation du directeur général, le chef département études prospectives et conjoncturelles du marché du travail, Ousmane Diall est revenu en détail sur création et pertes d’emplois durant les trois trimestres passés au cours desquelles 21 680 emplois ont été créés par le secteur privé contre 33 054 par le secteur public pour un total de 54 734 emplois créés. Les pertes d’emploi se chiffrent à 2 686 de janvier à septembre. Tandis que 13 352 entreprises ont été créées durant la même période.
Au 1er trimestre 2025, les indicateurs économiques se sont globalement affaiblis à travers une hausse du taux d’inflation qui atteint 5,5%, dépassant ainsi la norme de convergence communautaire de I’UEMOA (3%), a expliqué M. Diall. Il rapporte que les créations d’emplois ont augmenté par rapport au trimestre précédent, avec 8 624 emplois dans le secteur privé et 4 246 dans le secteur public. Par contre, 769 pertes d’emplois ont été enregistrées.
Au 2è trimestre 2025, Ousmane Diall indique que le taux d’inflation a grimpé à 6,7%. Cependant, dit-il, les créations d’emplois ont légèrement augmenté atteignant 6 300 dans le secteur privé et 21 693 emplois dans le secteur public. Les pertes d’emplois ont chuté de 63,4 % par rapport au 1e trimestre, soit 1 268 postes, ajoute Ousmane Diall. Cependant, avance-t-il, la création d’entreprises diminue de 13,9% par rapport au trimestre précédent, avec 3 666 nouvelles entreprises.
Au 3è trimestre 2025, poursuit M. Diall, le taux d’inflation baisse jusqu’à 4,4 %, démontrant une maitrise de l’inflation. Le secteur privé, dit-il, voit alors une augmentation de 6,6% des emplois créés, passant de 6 300 à 6 718 et le secteur public passe à 7 115 nouveaux postes. En outre, souligne le spécialiste de l’ONEF, le nombre de pertes d’emplois diminue fortement de 48,8%, passant de 1 268 à 649.
Par ailleurs, la directrice générale adjointe de l’ONEF, Mme Aoua Saran Dembélé, est revenue en détail sur le rapport national emploi 2024. Dans ses explication la DGA a rapporté qu’en 2024, sur une population totale estimée à 23 269 399 d’habitants, 50,6% avaient l’âge de travailler (15 ans et plus), soit 11 781 901. Dans cette population en âge de travailler, ajoute-t-il, 59,2% étaient en emploi, soit 6 974 941 (62% étaient des hommes), en outre 11,6% étaient des emplois salariés, soit, 643 407 emplois salariés.
A la même période, ajoute Aoua Saran Dembélé, sur une main d’œuvre élargie (population active) totale de 7 455 283, 16,8% avaient un besoin d’emploi non satisfait, soit 1 252 888 personnes. Quant aux jeunes âgés de 15 à 35, on note que 31,9% n’étaient ni en emploi, ni en éducation et ni en formation, soit 2 151 995 jeunes, indique-t-elle.
Le marché du travail indiquait également que 95,6% des emplois étaient des emplois informels, soit 6 685 634 emplois informels, a-t-elle rapporté. Au même moment, poursuit-elle, 42% des personnes en emploi gagnaient moins que le seuil de pauvreté (305 805 fcfa), soit 2 928 421 personnes. Et enfin 46,5% des personnes en emploi, soit 3 240 721 personnes gagnaient moins que le SMIG au Mali.
Avec un taux de chômage estimé à 4,5% en 2024, le directeur général de l’ONEF a déclaré que notre pays compte parmi les pays où le taux de chômage le plus bas. Toutefois, il a tenu à préciser ce qu’un chômeur pour éviter toute confusion. « Pour être considéré comme chômeur, il faut remplir trois conditions à savoir : être sans emploi, être disponible immédiatement pour un travail et être à la recherche active de l’emploi une semaine avant l’enquête. Si vous ne remplissez pas ces conditions vous n’êtes pas considéré comme chômeur », a précisé le DG Boubacar Diallo.
Yacouba Traoré






