PDIRAAM : La Phase 2 reprend en force avec un budget de 5,6 milliards pour 2026
Après deux ans de pause, la phase 2 du Programme de développement intégré des ressources animales et aquacoles au Mali (PDIRAAM 2), volets aviculture et aquaculture, a repris avec la tenue de la 3è session du comité d’orientation et de pilotage du programme le mardi 16 décembre 2025 à un hôtel de la place sous la présidence du secrétaire général du ministère de l’Elevage et de la Pêche, Madi Maténé Kéita. Les travaux du programme reprennent avec force et un budget annuel de 5,6 milliards pour l’année 2026.
Au Mali, les sous-secteurs de l’élevage et de la pêche, y compris l’aquaculture, constituent un maillon clé de l’économie nationale. Ils sont pratiqués par plus de 85% de la population. Le cheptel national est estimé à plus de 14 millions de bovins, 58 millions de petits ruminants, 63 millions de volailles. La production halieutique du Mali s’élève à 120 000 tonnes par an, y compris l’aquaculture dont la production est en plein essor économique, ces dernières années. En matière de création de richesse et d’exportations nationales, l’élevage arrive en troisième position après l’or et le coton. Les sous-secteurs de l’élevage et de la pêche sont la source de revenu d’environ 30% de la population et contribue à environ 19% du PIB national. Cependant le sous-secteur d’élevage reste confronté à de nombreux défis qui handicapent son développement parmi lesquels l’insuffisance d’investissements structurants et le faible niveau organisationnel et institutionnel.
C’est pour répondre aux multiples défis des sous-secteurs de l’élevage et de l’aquaculture, que la Banque Islamique de Développement (BID) a répondu favorablement à la demande du gouvernement du Mali pour financer le PDIRAAM phase 2, à travers l’accord de prêt signé le 13 septembre 2022 d’un montant de 23 446 757 Euros soit plus de 15 milliards 300 millions de FCFA, pour appuyer le développement des chaînes de valeur avicole et aquacole.
Toutefois, de janvier 2024 à octobre 2025, les projets financés par la BID, qui est le principal bailleur de fonds, ont connu une suspension de décaissement. La reprise des décaissements est effective depuis octobre 2025. Ce qui a permis la tenue de la 3è session du comité d’orientation et de pilotage du PDIRAAM 2. Selon le secrétaire général du ministère de l’Elevage et de la Pêche, Madi Matènè Kéita, l’objectif du PDIRAAM phase 2 est « d’améliorer la sécurité alimentaire et nutritionnelle grâce à la production avicole et aquacole des petits exploitants, et d’accroître l’autonomisation économique des petits producteurs du sahel occidental du Mali, en ciblant les femmes et les jeunes petits producteurs ».
Parlant du budget 2026 du programme, Madi Maténé Kéita indique qu’il se chiffre à 5 642 645 030 FCFA dont 2 330 958 100 F CFA pour les réalisations physiques (infrastructures et équipements), 1 669 316 430 F CFA pour les conventions, les renforcements de capacités et autres prestations intellectuelles et 1 642 370 500 FCFA pour la microfinance islamique, le fonctionnement, le suivi-évaluation, le genre, la communication et l’appui institutionnel. Mieux, il déclare qu’à terme, le financement doit permettre de produire 15 000 tonnes de poisson par an, 424 689 022 œufs et 15 490 tonnes de viande de poulet par an, au bénéficie de 2 000 000 de personnes vivant dans les exploitations agricoles familiales. En outre, le projet cible directement 120 000 personnes dont 60% de femmes et 20% de jeunes.
Le coordinateur du PDIRAAM, Sory Ibrahim Sidibé et son équipe accueillent cette reprise avec sérénité et détermination à rattraper le retard accusé dans la mise en œuvre du programme. « Cette année est une année charnière pour nous où les activités vont véritablement démarrer. Nous allons avoir en fin d’année le premier résultat parce que nous aurons déjà commencé à former les gens, réaliser des infrastructures qui seront sorties de terre et qui vont être opérationnels », a-t-il indiqué. Avant de préciser que le programme dure 5 ans à partir de 2023 et sera mis en œuvre dans le Sahel occidental qui va de l’ouest de Niono notamment Sokolo et autres en passant par Nara, Kolokani, Diéma, Nioro du Sahel, Yélimané et le nord de Kayes.
Yacouba Traoré






