MAQUILLAGE : Samusocial Mali forme et équipe 25 enfants en situation difficile
A l’instar des autres organisations de défense des droits de l’homme, Samusocial Mali, spécialisé dans la défense des droits des enfants de rue, a célébré la journée internationale des droits de l’homme ce 10 décembre 2025 à un hôtel de la place. En marge de cette cérémonie, Samusocial a remis des kits de maquillage à 25 jeunes en situation difficile que l’organisation a formé à ce métier.
Elles sont 24 jeunes dames et 1 graçon à bénéficier d’une formation et des kits en maquillage selon les explications de Mme Sow Bogna Traoré, chargé de la formation des enfants en situation de rue à Samusocial. D’après Bogna Traoré, ces jeunes qui vivaient dans la rue et dans le camp des déplacés sont désormais prêts à travailler à leur propre compte.
Ce geste de Samusocial et ses partenaires est salvateur pour ces jeunes qui souffrent en silence dans la rue et dans les camps des déplacés. « Nous remercions sincèrement Samusocial pour ce geste qui contribue à rattraper nos enfants. Depuis l’arrivée de Samusocial dans le camp, beaucoup de nos enfants qui étaient en voie de dérapage se sont ressaisis », témoigne Sacko Sidibé, mère de l’une des bénéficiaires du camp des déplacés.
Au-delà du maquillage, d’autres jeunes, principalement des garçons, ont bénéficié de la thérapie des marionnettes afin de favoriser leur réintégration sociale. Au son des instruments traditionnels de percussion, ces adolescents ont fait des démonstrations devant le public. Durant quelques minutes, ils ont fait danser les marionnettes et ont fait rire le public après les avoir fait pleurer. En effet, dans un sketch qui a précédé la danse des masques, les adolescents ont reproduit sur scène la situation qu’ils vivent dans la rue. Contraints et soumis à la mendicité, à la prostitution et à la délinquance au profit des barons qui exploitent leurs vulnérabilités, cette scène a fait pleurer beaucoup de personnes, même les plus durs.
Un des moments phares de la cérémonie a été la remise à la direction nationale des droits de l’homme (DNDH) et aux défenseurs des droits humains du rapport de l’enquête sur les violations de droits des enfants en situation de rue à Bamako, réalisée par le Samusocial Mali au cours de cette année. Cette enquête met en exergue la privation des enfants vivant en rue de droits fondamentaux reconnus par la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) et la Charte africaine des droits et du bien-être des enfants (CADBE).
Le résultat de l’enquête interpelle plus d’un. En effet, 83% des 135 enfants rencontrés au cours de l’enquête trouvent qu’ils ne sont pas traités comme les autres enfants, 28% déclarent n’avoir pas d’acte de naissance, 91% déclarent que leurs parents sont vivants et 90% disent avoir vécu avec leurs parents avant de se retrouver dans la rue, 47% déclarent avoir subi des violences physiques dans leur famille, 37% disent avoir été victimes de violences des forces de l’ordre, 43% affirment avoir subi des violences des passants et d’autres personnes sur les sites qu’ils fréquentent, 65% se sentent rejetés par les agents de santé, 29% affirment n’avoir jamais été à l’école et 71% ont arrêté l’école, dont 68% au niveau du premier cycle, 51% des enfants ont été arrêtés au moins une fois et 36% déclarent avoir fait la prison.
Selon le Directeur du Samusocial Mali, Alou Coulibaly, cette enquête, à vocation annuelle, s’inscrit dans le cadre d’un mécanisme de collecte, de documentation et de diffusion des situations de privations et de violations des droits humains subies par les enfants en situation de rue que le Samusocial entend promouvoir en partenariat avec les défenseurs de droits humains. Pour lui, il s’agit d’une initiative visant à mobiliser les défenseurs de droits humains pour une action concertée et collective auprès des institutions et entités de mise en œuvre des droits de l’enfant au Mali.
Yacouba Traoré






