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SIE-AES : Le roi Drolor Bosso Adamtey plaide pour le renforcement de l’axe Bamako-Accra

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SIE-AES : Le roi Drolor Bosso Adamtey plaide pour le renforcement de l’axe Bamako-Accra

Dans le cadre du salon international de l’entrepreneuriat de l’AES (SIE-AES), sa majesté royale, Drolor Bosso Adamtey, roi du peuple Shai, conseil d’Etat du Ghana, a coanimé avec la ministre en charge de l’entrepreneuriat, Oumou Sall Seck, un panel de haut niveau sur le thème : « entrepreneuriat, facteur d’intégration et de développement des pays de la Confédération de l’AES ». Dans son discours d’introduction, sa majesté a plaidé pour l’intégration économique des pays de la sous-région, particulièrement l’intégration de son pays et ceux de l’AES.

Les bénéfices de l’union

D’après le roi Drolor Bosso Adamtey, les Africains ont déjà prouvé ce dont ils sont capables face aux potentiels du continent. La vérité, pour lui, c’est que les idées et la volonté ne manquent pas. Ce sont les écosystèmes, l’accès, les infrastructures et les capitaux patients qui nous font défaut. Dans toute la région de l’ASEAN, plus de 65 % de la population a moins de 25 ans. Selon lui, cela constitue une armée de penseurs, de rêveurs et de bâtisseurs qui attendent l’occasion de transformer le paysage économique de l’Afrique de l’Ouest. Ainsi, il pense que l’intégration est essentielle.

« Aucun pays, qu’il s’agisse du Mali avec ses 22 millions d’habitants, du Niger avec ses 26 millions, du Burkina Faso avec ses 23 millions ou du Ghana avec ses 33 millions, ne peut bâtir sa prospérité seul. Les économies d’Afrique de l’Ouest doivent cesser de fonctionner comme des îles cernées de frontières. Nous devons fonctionner comme un marché unique, un corridor d’investissement unique, un vivier de talents unique. Lorsque les frontières étouffent les opportunités, la jeunesse étouffe avec elles », a déclaré le roi du peuple Shai. Avant de poursuivre « le bloc AES représente plus de soixante-dix millions de citoyens, des millions d’hectares de terres fertiles, l’un des plus vastes corridors énergétiques inexploités d’Afrique de l’Ouest et une jeunesse parmi les plus déterminées du continent. Si nous connectons nos marchés, harmonisons nos politiques, renforçons nos systèmes éducatifs et nous engageons pour un avenir commun, aucun classement mondial ne pourra ignorer le poids de cette région ».

Cependant, il a précisé que l’intégration ne commence pas par des traités, mais plutôt par les individus, notamment par les jeunes Maliens, Ghanéens, Burkinabés et Nigériens qui choisissent de collaborer plutôt que de se faire concurrence. Par les entrepreneurs qui voient des opportunités par-delà les frontières, et non des menaces. Par les chefs traditionnels et les responsables politiques qui comprennent que l’unité n’est pas un slogan, mais une stratégie économique.

D’ailleurs, sa majesté Drolor Bosso Adamtey a rapporté que sous l’impulsion de Son Excellence John Dramani Mahama et du gouvernement actuel du Ghana, un engagement renouvelé se manifeste en faveur du renforcement des partenariats régionaux, notamment avec le Mali. A l’en croire son pays pourrait aider le Mali en matière d’énergie. « L’énergie et la stabilité sont les fondements de toute économie moderne. Aucun entrepreneur ne peut prospérer dans l’obscurité et l’incertitude. Alors que le Ghana accroît ses capacités énergétiques et gazières, le gouvernement actuel est prêt à explorer une coopération structurée avec le Mali, une coopération fondée sur le respect, les avantages mutuels et sur le principe fondamental que la force régionale est une force partagée. Lorsqu’une nation a la capacité d’en soutenir une autre et que les deux nations progressent ensemble, il ne s’agit pas de charité, mais de stratégie », a-t-il souligné.

Au-delà du commerce et de l’énergie, le roi du peuple a indiqué le Ghana et le Mali pourrait coopérer dans le domaine de la formation technique et professionnelle. « Le Ghana a formé des milliers de jeunes Africains dans les domaines techniques et professionnels. Nous avons constaté comment l’accès aux compétences peut transformer des familles entières. Dans le cadre du programme de bourses d’études ghanéennes pour l’Afrique, conformément à la vision de Son Excellence John Dramani Mahama, il est tout à fait naturel que le Mali soit associé à cet effort. Car une jeunesse dynamique à Bamako contribue à la force d’Accra. Une jeune femme qualifiée de Sikasso contribue tout autant à la paix régionale qu’une jeune diplômée de Kumasi », a-t-il ajouté.

Ce qu’il faut faire pour le développement économique de l’AES et du Ghana

En quatre points, sa majesté, roi du peuple Shai, conseil d’Etat du Ghana, a détaillé ce qu’il faut faire concrètement pour le développement économique de nos pays.

« Premièrement, nous devons renforcer les écosystèmes de financement. Les banques locales, les fonds publics et les investisseurs privés doivent développer des instruments adaptés aux réalités des jeunes entrepreneurs africains, et non des modèles copiés d’économies qui ne nous ressemblent pas.

Deuxièmement, nous devons construire des chaînes de valeur régionales. Que le Mali transforme davantage sa production agricole. Que le Ghana poursuive le développement de son secteur manufacturier. Que le Burkina Faso prenne la tête de certaines chaînes de valeur minières. Que le Niger renforce ses réseaux énergétiques et logistiques. Lorsque chaque pays s’appuie sur ses atouts, la région devient irrésistible.

Troisièmement, nous devons investir massivement dans les compétences. Chaque jeune Africain doit être doté des outils nécessaires pour participer à l’économie mondiale : technologies, compétences numériques, innovation agroalimentaire, compétences en énergies renouvelables et formation au leadership. Le Ghana, sous l’impulsion de Son Excellence John Dramani Mahama, est prêt à développer des partenariats dans ces domaines, et le Mali demeure un partenaire stratégique dans cette vision.

Quatrièmement, nous devons cultiver le leadership. Un leadership éthique. Un leadership résilient. Un leadership qui comprend que l’autonomisation économique est une forme de consolidation de la paix. La jeunesse africaine mérite des dirigeants qui ouvrent des portes, et non des dirigeants qui les ferment », a-t-il dit.

Message à la jeunesse de l’AES

En outre, le roi du peuple Shai a adressé un message poignant à la jeunesse, surtout ceux qui souhaitent se lancer dans l’entrepreneuriat.

« Avant de vous lancer dans les affaires, définissez votre objectif final. Sachez où vous allez avant même d’entreprendre le voyage. Trop de jeunes se lancent avec enthousiasme, mais sans vision claire. Un rêve sans direction devient une distraction. Décidez qui vous voulez être, quel problème vous voulez résoudre et pourquoi c’est important.

N’attendez pas d’avoir tout pour agir. Le monde est façonné par ceux qui commencent avec ce qu’ils ont, et non par ceux qui attendent des conditions parfaites. Ne soyez pas un rêveur qui se contente de parler. Soyez un bâtisseur qui agit. Les idées n’ont de valeur que lorsqu’elles se concrétisent.

Apprenez les meilleures pratiques. Étudiez ce qui fonctionne. Posez des questions. Demandez conseil. Le succès laisse des traces, et la sagesse est le meilleur raccourci qui soit. Entourez-vous de personnes qui stimulent votre réflexion, et non de celles qui freinent votre courage.

Enfin, développez votre leadership. Le leadership n’est pas un titre, c’est une responsabilité. C’est votre attitude, votre façon de résoudre les problèmes, votre manière de traiter les autres, votre capacité à vous relever après un échec. Lorsque j’ai commencé mon parcours au Ghana, je n’ai pas cherché à influencer, mais j’ai agi avec intention, par dévouement. Chaque pas en avant a été guidé par la discipline, la foi et la conviction que le leadership se construit discrètement avant d’être reconnu publiquement.

Jeunes, l’Afrique vous attend. Non pas pour remplacer l’ancien, mais pour renouveler l’avenir. Non pas pour imiter autrui, mais pour innover en puisant dans votre propre identité. Non pas pour craindre l’ampleur de nos problèmes, mais pour vous élever à la hauteur de votre potentiel.

Aujourd’hui, je suis empli d’un profond espoir. Un espoir non pas parce que nos défis sont minimes, mais parce que notre détermination est immense. Le Sahel a été mis à l’épreuve d’une manière inimaginable pour de nombreuses régions du monde. Et pourtant, nous sommes là, toujours en train de construire, de rêver, d’aspirer à un avenir meilleur ».

La participation active de sa majesté Drolor Bosso Adamtey montre toute l’importance que les dirigeants ghanéens accordent à l’axe Bamako-Accra. Au lieu de garder une attitude de belligérance après la création de l’AES, le Ghana choisit la coopération.

Yacouba Traoré

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