MALI : WaterAid Mali lance la campagne « Eau, Hygiène et Assainissement pour la Santé de la Femme »
L’ONG internationale, WaterAid Mali, a lancé officiellement sa campagne dénommée « Eau, Hygiène et Assainissement pour la Santé de la Femme » lors d’une conférence de presse que l’ONG a animée le mardi 30 septembre à un hôtel de la place.
Selon les spécialistes, le manque ou l’insuffisance d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement dans les établissements de santé expose les femmes et les nouveau-nés aux infections maternelles et néonatales. D’après les statistiques, plus d’un million de mères et de nouveau-nés meurent chaque année dans le monde à causes d’infections acquises lors des accouchements impropres. Au Mali, en 2024, 57% des établissement de santé (CSCom, CSRéf, Hôpitaux) ne disposaient pas de douches destinées aux femmes ayant accouché. Les mêmes statistiques révèlent qu’au Mali, 51 000 infections associées aux centres de santé ont fait 5 300 décès en 2021. Pourtant, l’approvisionnement des établissements de santé en eau potable, en assainissement et les bonnes pratiques d’hygiène sauvent des vies. En plus, accoucher dans un endroit propre où il y a l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement est un droit pour chaque femme.
Face à cette situation et dans le cadre de sa stratégie 2023-2028, l’ONG WaterAid Mali a lancé la campagne « Eau, Hygiène et Assainissement pour la Santé de la Femme ». Selon Ali Sow, directeur programme et plaidoyer de WaterAid Mali, c’est une campagne de sensibilisation et de plaidoyer. Elle vise à plaider auprès des décideurs pour améliorer l’accès aux services d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement dans les établissements de santé, en mettant l’accès sur les services de santé maternelle et néonatale, a-t-il ajouté. La campagne vise également, poursuit-il, à sensibiliser les agents de santé sur le respect des bonnes pratiques d’hygiène dans les services de maternité et de néonatalité. Toutes ces mesures permettent de créer les conditions favorables à un accouchement propre et sûr, indique M. Sow. Toujours selon les explications du directeur de programme plaidoyer de WaterAid, la campagne sera mise en œuvre dans les cercles de Bla et Baraouéli et s’étend sur trois ans, 2025-2028.
Au nom de la société civile, Boureima Tabalaba, directeur exécutif de la CN-CIEPA, a noté une avancée significative en matière de politique eau et assainissement au Mali depuis 2023 avec la reconnaissance de l’eau, l’hygiène et l’assainissement comme droit fondamental. Toutefois, il a déploré que 531 villages n’ont jamais eu de point d’eau moderne dans le pays, 55% de Maliens n’ont pas accès à l’assainissement et seulement 2,5% du budget national sont alloués au secteur contre 5% d’engagement dans le cadre de SWA. Pour lui, cette campagne est une aubaine. Il a indiqué que le souhait le plus ardent de la société civile est l’installation du wash dans tous les centres de santé, la promotion de l’hygiène et l’accès aux produits d’hygiène menstruelle.
En outre, Fatoumata Diallo, directrice pays par intérim de WaterAid Mali, a souligné que cette campagne est noble et interpelle tout le monde. Cependant, elle a reconnu que WaterAid ne pourra seul et a demandé l’accompagnement de tous les acteurs.
Bouréima Tabalaba a, par ailleurs, rassuré que la société civile va jouer pleinement son rôle dans cette campagne. De même, la représentante de l’office national de la santé de la reproduction (ONASR), Dr. Maïga Sarata Maïga, a annoncé la disponibilité de cette structure à accompagner cette campagne car, pour elle, pour parler d’accouchement, il faut d’abord l’hygiène.
Yacouba Traoré






