BAGUINEDA : La FAO au chevet de l’OPIB avec un projet de 600 millions de FCFA
Le ministre de l’Agriculture, Daniel Simeon Kéléma, a, à travers un atelier, lancé officiellement le projet « la construction de routes agricoles et de réservoirs d’eau/canaux d’irrigation au Mali à l’aide d’un produit spécial de durcissement des sols développé au Japon » le vendredi 15 août à la DFM de l’agriculture. Ce projet pilote financé par le Japon sera mis en œuvre par la FAO à Baguinéda. Pour l’occasion, le ministre avait à ses côtés, au présidium, l’ambassadeur du Japon au Mali, Murata YUKUO et le chef du bureau de la FAO Mali, Abdoul Karim Ba.
Le secteur rural malien emploie environ 80% de la population active, fournit près de 40% des recettes d’exportation et contribue pour plus de 30% au PIB. Mais plusieurs sites, tout au long des fleuves Niger et Sénégal, sont confrontés à différents défis environnementaux : le changement climatique, la déforestation, la pollution, l’érosion et la dégradation sévères des sols. Et l’Office des Périmètres Irrigués de Baguinéda (OPIB) est sujet à la dégradation des infrastructures d’irrigation, des pistes rurales, notamment les voies d’accès aux périmètres irrigués. De plus, la commune de Baguinéda subit les effets de la situation sécuritaire et attire un nombre élevé des personnes déplacées en raison de la disponibilité de terres et d’eau. Elle est également confrontée à d’autres défis tels que la croissance démographique, la pauvreté et les conflits fonciers.
Pour faire face à ces défis climatiques et environnementaux, l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) a porté secours à l’OPIB et à la population de la commune de Baguinéda initiant le projet « construction de routes agricoles et de réservoirs d’eau/canaux d’irrigation au Mali à l’aide d’un produit spécial de durcissement des sols (STEIN) développé au Japon ». Selon le chef du bureau de la FAO Mali, Abdoul Karim Ba, ce projet est financé par le Gouvernement du Japon à hauteur d’un million (1 000 000) de dollars américains et est mis en œuvre par la FAO en partenariat avec le ministère de l’Agriculture. Il ajoute que ce projet pilote va mettre la technologie et le savoir-faire japonais, reconnus mondialement, au service des priorités nationales du Mali. A ses dires, ce projet propose une solution durable pour faire face aux multiples défis que sont le changement climatique, l’insécurité alimentaire, la dégradation des terres, et l’accès difficile à l’eau et aux marchés, auxquels les populations des zones rurales sont confrontées.
Pour sa part, l’Ambassadeur du Japon au Mali, Murata YUKUO, a indiqué que la mise en œuvre de ce projet permettra d’améliorer l’accessibilité des communautés rurales aux marchés agricoles, de renforcer l’entretien de 09 km de routes rurales, d’appuyer le développement, la restauration et l’entretien des canaux d’irrigation pour assurer la sécurité hydrique des cultures, et de promouvoir les techniques sécurisées de collecte des eaux de ruissellement dans les bassins de collecte. Ce projet soutiendra directement 400 ménages pour 2 400 personnes, dont 47,5 % de femmes. Le nombre de bénéficiaires indirects est estimé à 81 682 personnes, dont 50,96% d’hommes et 49,04% de femmes, correspondant à la population totale de la commune, précise l’Ambassadeur.
« Le STEIN est un agent durcisseur de sol développé à Hokkaido, au Japon, en 1975 par l’entreprise japonaise SPEC. Les avantages de la construction STEIN sont : son faible coût avec la possibilité de construire des routes pavées 40 à 60% moins chères que les routes en asphalte, son manque d’impact négatif sur l’environnement et sa grande durabilité permettant ainsi de maintenir les infrastructures en bon état pendant d’au moins 10 ans et jusqu’à 45 ans », a expliqué le diplomate japonais qui précise que le Mali est le troisième pays sur le continent à bénéficier de cette technologie japonaise.
« Il ne s’agit pas seulement d’un transfert de technologie, mais aussi d’un transfert de compétences. Le projet prévoit la formation de 50 acteurs locaux à l’utilisation du produit STEIN, ouvrant ainsi la voie à une appropriation nationale et à une utilisation à plus grande échelle. C’est ainsi que nous pourrons, ensemble, avancer vers l’autosuffisance alimentaire », renchérit Abdoul Karim Ba.
Yacouba Traoré






