Fleuve Niger : Des chercheurs du LG-ChE détectent des résidus d’antibiotique causés par des hôpitaux
Le Laboratoire de Génie chimique et environnemental (LG-Ch) de l’école nationale d’ingénierie (ENI) a présenté les résultats de son étude sur la pollution du fleuve Niger aux antibiotiques par des hôpitaux. Les résultats sont alarmants. Les chercheurs du Laboratoire ont détecté des résidus d’antibiotiques dans l’eau du fleuve.
De 2021 à 2024, le Laboratoire de Génie Chimique et environnemental a mis en œuvre le projet le NATURE. Dans le cadre la mise en œuvre de ce projet, une équipe de chercheurs du Laboratoire a mené des recherches auprès de quatre hôpitaux pour tenter de savoir si ces établissements de santé polluent le fleuve Niger notamment au antibiotiques. Il s’agit de l’hôpital américaine Golden Life, l’hôpital du Point G, l’hôpital Gabriel Touré et l’hôpital du Mali qui déversent tous directement des eaux usées dans le fleuve Niger. Le résultat est sans appel et très alarmants. Des résidus d’antibiotiques ont été détectés dans des effluents hospitaliers à Bamako, et se retrouvent dans le fleuve Niger, confirmant un flux de contamination continu.
Selon Dr. Sidi Ba, coordinateur du projet NATURE, les infrastructures de traitement des eaux usées dont dispose ces hôpitaux ne sont pas adaptées à éliminer les antibiotiques présents dans les eaux usées. Or, il se trouve que ces antibiotiques, couramment utilisés pour traiter les infections, peuvent avoir des effets négatifs sur les écosystèmes aquatiques. Plus préoccupant encore, dit Dr. Ba, leur présence dans l’environnement peut favoriser l’apparition et la propagation de bactéries résistantes aux antibiotiques, un phénomène appelé résistance antimicrobienne (AMR). En terme simple, d’après les explications de Dr. Ousmane Dembélé , pharmacien, cette résistance veut que les médicaments antibiotiques qui soignent des maladies infectieuses ne pourront plus les soigner.
Même si certains rejets peuvent être partiellement réduits naturellement au fil des écoulements, les évaluations de risque indiquent que le danger reste élevé au point de rejet final. Pour les chercheurs, ces résultats confirment l’urgence d’agir à la source et de renforcer les solutions de traitement.
Ainsi, l’equipe de recherche a recommandé une série de mesure pour mettre un terme à la pollution du fleuve par les hôpitaux aux antibiotiques. L’équipe recommande de mieux encadrer l’usage des antibiotiques en milieu hospitalier, de renforcer le traitement des eaux usées hospitalières et de promouvoir des solutions adaptées, simples et durables comme les solutions fondées sur la nature, notamment les filtres végétalisés.
Yacouba Traoré






