BIENNALE AFRICAINE DE LA PHOTOGRAPHIE : La Délégation Générale explique le thème retenu aux acteurs de la photographie
Dans le cadre des préparatifs de la 15è édition des Rencontres de Bamako – Biennale Africaine de la Photographie, la Délégation Générale a animé une conférence d’information et de sensibilisation à l’endroit des photographes, professionnels de l’image, collectifs du secteur de la photographie malienne, artistes visuels et acteurs culturels pour les expliquer le thème retenu et les inviter à postuler à l’appel candidature ouvert jusqu’au 20 juin. C’était le mardi 2 juin 2026 à la Maison Africaine de la Photographie (MAP).
Réfabulation. Ce seul mot est le thème sur lequel les photographes africains et afro descendants sont appelés à produire pour la 15è édition des Rencontres de Bamako – Biennale Africaine de la Photographie. Selon les explications de Mme Kéita Sonia, curatrice de la biennale, pour comprendre Réfabulation, il faut remonter aux origines du mot dont le mot latin faboula qui est devenu fabuler, un mot qui veut dire « raconter des histoires ». Elle a également expliqué le thème à travers le mot fabulation qui, d’après ses dires, a évolué pour signifier dans le milieu philosophique comme « la faculté de produire des récits « . S’agissant de Réfabulation, elle a indiqué que le mot a été tiré du livre « Tout s’effondre » de l’écrivain nigérian Chinua Achébé. « Dans cet ouvrage, l’auteur raconte que son monde s’effondre. A travers l’intimité d’un personnage, d’une famille, il réfabule en racontant un récit critique de la société », rapporte Sonia. Pour la curatrice, il est demandé aux photographes de fabriquer des récits là où il n’y en a plus, là où les mémoires se sont effacées.
Mieux, M. Ouologuem, membre de la Délégation Générale, soutient : « Refabuler, c’est imaginer le monde. Il fait appel à l’imaginaire des photographes pour raconter le monde de la plus belle des manières. Les autres ont réfabulé pour nous imposer leur vision. Il s’agit pour les photographes de réimaginer qui nous sommes, imaginer, réécrire notre histoire ». Cela demande beaucoup d’efforts, beaucoup d’imagination, reconnait-il. Mais, pour lui, les photographes doivent être libre dans leur pensée.
A travers ce thème, il s’agit de s’approprier les récits africains et leur donner une puissance très forte, explique davantage El Hadj Diop, également membre de la Délégation Générale. M. Diop a aussi invité les artistes photographes et visuels maliens à une participation de qualité et de quantité à l’appel à candidature ouvert jusqu’au 20 juin. D’ailleurs, il a précisé que cette activité s’inscrit dans cette démarche. A ce stade, a indiqué El Hadj Diop, 150 photographes d’Afrique et de la diaspora ont postulé. Parmi les postulants, moins de 20 sont maliens, a-t-il ajouté.
Pour rappel, la 15è édition des Rencontres de Bamako – Biennale Africaine de la Photographie se tiendra du 26 novembre 2026 au 26 janvier 2027 à Bamako.
Yacouba Traoré






