GESTION DES EAUX USEES ET EXCRETAS : La société civile demande l’amélioration...

GESTION DES EAUX USEES ET EXCRETAS : La société civile demande l’amélioration des tarifs de redevance des services d’assainissement pour sauver les stations d’épuration

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GESTION DES EAUX USEES ET EXCRETAS : La société civile demande l’amélioration des tarifs de redevance des services d’assainissement pour sauver les stations d’épuration

Bouréma Tabalaba, directeur exécutif de la CN-CIEPA (coalition nationale, campagne internationale pour l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement), société civile du secteur eau, hygiène et assainissement, a coanimé une conférence de presse avec des responsables de l’ANGESEM (agence nationale de gestion des stations épuration) et de l’ONG Borda le jeudi 14 mai. Au cours de cette rencontre, la société civile a insisté sur la nécessité de l’augmentation des tarifs de redevance des services d’assainissement.

La problématique de la gestion des eaux usées et excrétas se pose avec acuité dans notre pays. Pour y faire face, l’Etat a créé en 2007 l’agence nationale de gestion des stations d’épuration. Depuis 2020, l’ANGESEM est l’unique structure étatique qui a pour mission d’assurer la gestion durable des stations d’épuration des eaux usées et des ouvrages annexes. Malheureusement, les ambitions de l’agence se butent très rapidement au manque de financement. La redevance fixée pour permettre à l’agence de se prendre en charge et de faire des investissements s’est révélée insignifiante. Le décret n°2014-0474/P-RM fixe la redevance du mètre cube comme suit : 23 francs pour les ménages, 50 francs pour les pollutions modérées et 75 francs pour les pollutions élevées. Avec cette tarification, l’ANGESEM ne pas à se prendre en charge à plus forte raison faire des investissements, dénonce le directeur exécutif de la CN-CIEPA, Bouréma Tabalaba. En conséquence, l’ANGESEM ne parvient pas à développer des infrastructures suffisantes pour couvrir tout le pays. Selon Alou Traoré, responsable à l’ANGESEM, l’agence ne dispose que 13 stations pour tout le pays et n’est présente que dans 5 régions sur 19 régions. Pour lui, le tarif actuel est dérisoire.

« Toutes les stations fonctionnent à perte. Le tarif actuel de la redevance ne permet même pas de prendre en charge le personnel », déclare Bouréma Tabalaba. C’est pourquoi, depuis 2022, la CN-CIEPA et son partenaire l’ONG Borda ont engagé un vaste plaidoyer pour réviser le décret fixant tarification de la redevance des services d’assainissement afin d’obtenir l’amélioration de la tarification de la redevance. D’après le directeur de la CN-CIEPA, le processus a beaucoup avancé. A l’en croire, son organisation et ses partenaires ont effectué des études et ont fait des propositions de nouveaux tarifs par mètre cube. Il s’agit de : 50 à 80 f pour la première tranche, 145 à 300 f pour des pollutions modérées et de 360 à 660 pour des pollutions élevées.

Pour Noellie Dembélé de l’ONG Borda, cette révision est nécessaire pour trois raisons. D’abord, elle rappelle que « sans redevance juste et équilibrée, les infrastructures d’assainissement que nous construisons aujourd’hui risquent de devenir les ruines de demain par manque de maintenance ». Ensuite, précise que « cette révision vise à responsabiliser les acteurs. Il est impératif, d’après elle, que ceux qui génèrent des effluents contribuent proportionnellement à leur traitement ». Enfin, madame Dembélé souligne que « chaque goutte d’eau non traitée est une menace pour la nappe phréatique et une source de maladie hydrique pour les enfants du Mali ».

Yacouba Traoré

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