JME : Le ministre en charge de l’eau appelle à réduire le gaspillage d’eau, prévenir la pollution
A l’instar des autres pays du globe, le Mali a célébré la journée mondiale de l’eau le dimanche 22 mars au CICB. Une occasion pour le ministre en charge de l’eau, Pr. Tiémoko Traoré, d’appeler la population à réduire le gaspillage d’eau, prévenir la pollution.
Le monde célèbre l’eau le 22 mars de chaque année. Cette commémoration est un moment de réflexion collective. L’édition 2026 de la journée mondiale de l’eau s’articule autour du thème : « L’eau, source d’égalité » qui met l’accent sur l’importance de l’eau et de l’assainissement dans le cadre de l’égalité des sexes. Ainsi, dans son discours, le ministre de l’Energie et de l’Eau, Pr. Tiémoko Traoré, a souligné le rôle crucial des femmes et des filles dans la collecte et la gestion de l’eau. « L’accès à l’eau demeure marqué par des enjeux cruciaux de collecte et de gestion. Les femmes et les filles en assurent un rôle important. Elles garantissent l’usage quotidien de l’eau pour l’hygiène, la cuisine et les soins domestiques. Reconnaître leur rôle est indispensable pour l’équité, la dignité et la résilience des communautés », a-t-il souligné avant de noter l’inégalité dont les femmes sont victime par rapport à la corvée d’eau.
« La célébration de cette journée nous rappelle que l’accès à l’eau, un droit fondamental consacré par notre Constitution, revêt aussi un enjeu de justice et d’égalité sociale. Celles qui en assurent essentiellement la collecte et la gestion quotidienne connaissent mieux que quiconque les besoins, les usages et les contraintes du terrain. Pourtant, leur voix demeure trop souvent marginalisée dans les mécanismes de gouvernance. Aucune politique publique ne peut être pleinement efficace si elle ne s’appuie pas sur celles et ceux qui vivent cette réalité au quotidien. Faire de l’eau une source d’égalité, c’est transformer les rapports de participation et de décision, en reconnaissant que l’expertise existe aussi dans les pratiques quotidiennes et dans l’expérience vécue des femmes et des filles », a déclaré le ministre en charge de l’eau. Pour lui, la gestion de l’eau doit être concertée, inclusive et durable, afin de prévenir les tensions et de garantir son accès équitable pour tous les usages.
La souveraineté hydrique au cœur des priorités nationales
Aujourd’hui, le secteur de l’eau retient une attention particulière, affirme le Pr. Traoré. Pour preuve, il cite des projets structurants en cours dans le cadre de l’approvisionnement en eau potable des villes. Il s’agit du renforcement et l’extension du service d’eau potable à Bamako, Kayes, Tombouctou, Gao, ainsi que l’étude de projets dans 22 centres secondaires, des mesures d’urgence pour renforcer la production et la distribution d’eau potable dans les centres de Koulikoro, Ségou, Kati, Kangaba, Djenné, Gao, Nioro du Sahel et Sikasso, de la réalisation de plus de 4 000 nouveaux points d’eau modernes et le renforcement de plus de 700 ouvrages existants dans le périmètre hors concession, des projets de suivi et de connaissance des ressources en eau, le renforcement de la production hydroélectrique. D’ailleurs, il a précisé que le taux d’accès à l’eau a atteint 75,4 % cette année. Une avancée remarquable pour lui qui traduit les efforts remarquables du Gouvernement.
L’eau c’est la vie
L’eau n’est pas seulement une ressource naturelle, l’eau est aussi une ressource indispensable à la vie, à la santé publique, à la sécurité alimentaire et au développement socio-économique. L’eau relie les territoires, les générations et les activités humaines. Elle peut être un facteur de justice et de stabilité, mais elle n’est pas perçue de la même manière par tous. Pour les agriculteurs, elle est synonyme de production et de sécurité alimentaire. Pour les éleveurs, elle conditionne la survie du cheptel et la mobilité pastorale. Pour les personnes déplacées internes et les habitants des quartiers périphériques urbains, elle est une question vitale. C’est pourquoi le ministre a appelé chacun à s’engager dès aujourd’hui dans des actions concrètes de préservation par des gestes simples mais essentiels : réduire le gaspillage, prévenir la pollution et adopter des comportements responsables.
L ’appel de la société civile
La société civile du secteur WASH, sous le lead de la CN-CIEPA, estime, qu’une bonne gestion de l’eau promeut le progrès économique ainsi que la cohésion sociale. A l’inverse, soutient la CN-CIEPA, une mauvaise gestion de l’eau entrave le développement national et cause la souffrance des milliers de nos citoyens. Pour la société civile, le développement de notre pays passe nécessairement, par des investissements importants et significatifs en termes d’infrastructures hydrauliques et d’’une gouvernance vertueuse à même d’impulser un engagement politique et financier plus soutenu en faveur de la promotion des ressources et services d’eau au Mali.
Au regard de cette situation, la société civile a réitéré son plaidoyer pour l’augmentation de la part du budget national allouée à l’eau et l’assainissement à 5%, conformément aux engagements SWA (Assainissement et Eau pour Tous !). Elle a exhorté le gouvernement concrétiser ses engagements nationaux et internationaux en matière de protection et promotion des ressources en eau, et à l’effectivité du droit d’accès à l’eau et à l’assainissement, à entreprendre des actions urgentes et concrètes visant à réduire la pollution de la ressource en Eau. Elle a invité les Partenaires Techniques et Financiers à soutenir les actions du Mali en faveur de la promotion du secteur de l’Eau pour l’atteinte de l’ODD6 à l’horizon 2030.
Yacouba Traoré






